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Revue de presse
En Jeu
Williams Nuytens, pourquoi le foot engendre-t-il la violence ?
- propos recueillis par Philippe Brenot -
Lui-même ancien joueur, Williams Nuytens s’est penché en sociologue sur la violence endémique du football amateur.
Williams Nuytens, vous avez longtemps pratiqué le football en amateur dans un petit club du Nord de la France : la violence des terrains, vous l’avez donc d’abord éprouvée en tant que joueur…
Du point de vue de mon expérience de joueur, la violence et les incivilités – violence verbale et symbolique, discriminations, agressions physiques – sont une réalité de terrain permanente sans qu’elle se traduise de façon spectaculaire et visible à chaque fois. Les tensions sont inhérentes à ce jeu fondé sur l’adversité impliquant une mise en jeu des corps qui n’est pas toujours contrôlée. La capacité à accepter les décisions arbitrales ou à supporter les railleries des spectateurs est inégalement distribuée entre les joueurs et, parfois, pour diverses raisons et alors même qu’on y est habitué, un fait banal devient insupportable à tel individu… Comme beaucoup de pratiques amateurs, le football est aussi un univers où les publics sont très hétérogènes et les compétences pas forcément au rendez-vous. J’entends par compétences celles de l’entraîneur en matière de régulation de son équipe, celles de l’arbitre central et de ses assesseurs ou encore celles de spectateurs sachant apprécier un spectacle.
Certains joueurs techniquement faibles ont également tendance à compenser en donnant des coups…
C’est vrai. Mais j’insisterai surtout sur le fait qu’à la différence d’un joueur professionnel, un sportif du dimanche ne possède pas toujours l’aptitude à contrôler son corps comme il le voudrait. Ses limites sont aussi physiologiques : dès l’instant où il commence à fatiguer, un joueur amateur gère moins bien le stress, les situations conflictuelles ou le sentiment d’injustice....
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