Tribune : enfants étrangers à l’école, le Front national contre la gratuité

Il faut le dire clairement. Le Front national ment lorsqu’il prétend inscrire son projet dans la République.

Depuis quelques semaines, les déclarations répétées de ses dirigeants affirmant vouloir exclure  les enfants étrangers de l’école publique en sont la preuve.

Ainsi dans les médias comme dans ses meetings, Marine Le Pen a confirmé ses propos de début décembre 2016. Elle entend faire payer la scolarité durant un « délai de carence » aux enfants de parents étrangers résidents réguliers en France et interdire purement et simplement l’accès à l’école publique aux enfants de parents en situation irrégulière, réfugiés et demandeurs d’asile dans l’attente de l’examen de leur statut par exemple.

Une telle politique bafouerait les fondements mêmes de notre République. C’est la négation de la France dans ce qu’elle a de plus profond.

Une telle politique contredirait notre constitution déjà, qui dans son préambule affirme : « La nation garantit l’égal accès de l’enfant, de l’adulte, à l’instruction, à la formation professionnelle, à la culture. L’organisation de l’enseignement public, gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État ».

Elle contredirait le droit qui découle de notre constitution, le droit de l’éducation précisé dans le code de l’éducation qui rappelle «  que tous les enfants mineurs présents sur le territoire ont le droit d’être scolarisés », que « l’instruction est obligatoire entre 6 et 16 ans » et que depuis 1881, l’enseignement élémentaire public  est gratuit, gratuité étendue en 1933 à l’enseignement secondaire public.

Une telle mesure mettrait aussi à mal tous les engagements internationaux et européens de la France à mettre en œuvre les textes fondamentaux des droits humains et de la citoyenneté démocratique, notamment la déclaration universelle de 1948 et la convention internationale des droits de l’enfant de 1989.

Une telle politique renverrait  la France au ban des nations démocratiques.

Le Front national entend s’affranchir de la République et de ses valeurs. Après l’école, la solidarité, l’accès aux soins et l’assistance aux plus démunis, demain sans doute l’accès aux bibliothèques et aux institutions publiques, sa volonté d’exclure est sans limites. Son ambition nationaliste porte en germes le séparatisme social, les affrontements, la xénophobie et la guerre.

La Ligue de l’enseignement s’est fondée il y 150 ans pour que l’école soit celle de tous les enfants de la République, une école laïque sans aucune distinction et condition d’origine et de statut, dans l’égalité, la liberté et la fraternité. Elle s’opposera de toutes ses forces militantes à un tel projet nauséabond et antirépublicain.