Refonder l’Ecole ? La Ligue est prête !

La lettre que les ministres de l’Education nationale et de la Réussite éducative viennent d’envoyer aux personnels de leur ministère traduit une première volonté de rompre avec la politique précédente, qui a profondément affaibli l’Ecole.

La Ligue de l’enseignement ne peut que se réjouir de cette rupture, même si la rentrée 2012 restera difficile sans délais et moyens suffisants pour en corriger complètement les mauvaises conditions.

La priorité est donnée à la scolarité obligatoire : scolarisation en maternelle et école primaire en insistant sur les territoires les plus en difficulté ; réaffirmation du collège unique pour tous avec la fin des orientations précoces ; socle commun constituant le cadre de référence, à repenser cependant ; poursuite de la réforme du lycée avec les améliorations indispensables ; remobilisation des établissements dans leur mission de formation tout au long de la vie ; création de nouveaux emplois d’auxiliaire de vie scolaire ; remise en place de la formation des personnels ; accélération de l’intégration numérique ; et reconnaissance de la pédagogie et de la recherche, de la vie associative et sportive dans les établissements et de la relation famille-école.

Pour la Ligue de l’enseignement, ces annonces vont dans le bon sens. Surtout si l’on considère qu’elles donnent les premières indications sur les contours de la future loi d’orientation et de programmation. Annoncée par Vincent Peillon comme devant permettre de refonder l’Ecole afin quelle puisse « tenir à nouveau la promesse républicaine », cette loi doit être préparée en amont par une large concertation débutant dès la mi-juillet et se poursuivant à l’automne. Nous avons d’ores et déjà précisé que nous entendions participer activement à cette préparation. Durant la campagne, nous avons d’ailleurs formulé un ensemble de propositions pour « Investir dans l’éducation, refonder l’Ecole ».

L’Ecole ne tiendra ses promesses d’égalité que si sa transformation va de pair avec une reconnaissance des autres acteurs éducatifs à la fois parce qu’ils facilitent le travail de l’Ecole mais aussi parce que la réussite éducative se construit par d’autres manières d’apprendre et d’autres savoirs que les seuls savoirs scolaires.

130 ans après les lois sur l’obligation scolaire, la France, démocratie moderne, doit aussi s’engager dans la voie d’une nouvelle obligation publique en matière d’éducation, qui dépasse l’Ecole et prenne forme notamment dans les politiques éducatives territoriales et dans une véritable orchestration cohérente des politiques d’Etat en matière d’enfance, de jeunesse, de culture, d’éducation populaire, de sport, de vie associative et de redistribution territoriale.

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