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  • Nos PositionsTextes de référenceLes défis de l'ouverture culturelle

    Les défis de l'ouverture culturelle

    Avant de débuter et sans entrer dans le jeu des définitions préalables, je vous propose de retenir comme cadre de références pour cette question « des défis de l'ouverture culturelle » dans les politiques éducatives en territoires ruraux deux pensées qui n'empruntent pas aux mêmes références et pratiques. La première concerne la culture et je l'emprunte à Jean-Marie Djibaou, leader Kanak, artisan de la paix en Nouvelle-Calédonie avant d'être assassiné en 1989. Il disait de la culture « qu'elle est constituée de l'ensemble des solutions qu'une communauté humaine hérite, adopte et invente pour trouver des solutions aux crises de son époque ». Evidemment il entendait par crise le sens que lui donne son étymologie, à savoir les choix qu'il faut faire. Il ajoutait ce faisant « ma culture est devant moi ». La seconde a trait à l'éducation dont la philosophe Hannah Arendt disait que « c'est ce qui permet à l'enfant d'entrer dans le monde commun ».

    Il me semble que nous pourrions aussi ajouter que l'éducation se tient entre ce qui est - c'est sa part d'héritage à faire acquérir - et ce qui pourrait être - c'est la part d'imaginaire, d'invention, de progrès qu'elle doit susciter. L'éducation a quelque chose à voir avec le mieux, avec l'émancipation, avec l'arrachement aux préjugés et aux dépendances. C'est sans doute pour cela que culture et éducation se combinent, se nourrissent. Parce qu'un humain qui se cultive est un humain qui construit sa capacité à se situer dans sa vie, dans son environnement, par rapport aux autres : il construit son difficile chemin vers l'autonomie et la liberté avec les autres...


    Un monde commun ?
    C'est justement là que les choses se compliquent et prennent leur essence. Souvenons-nous de cette époque, aujourd'hui mythifiée et mystifiée, de cette école où tout semblait simple pour faire entre les élèves dans le cadre de ce monde commun, pour l'essentiel l'univers national et ses contours coloniaux. Au temps des hussards noirs de la République, les enfants de Franche-Comté s'appelaient Lebrac et Tigibus et leurs virées les plus lointaines étaient à Vercel, ou dans les bois frontaliers de leur commune de Longeverne au cri de « à cul les Velrans ». Leur monde commun était codifié par leurs familles, leurs curés et leurs instituteurs. La France se croyait seule au monde, seule pour le monde (...)

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