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Si l’éducation à la sexualité reste plus que jamais d’actualité, ses enjeux se sont enrichis au fil du temps. Apparue dans le contexte d’une société qui censurait la parole et les images, elle se développe aujourd’hui dans un monde culturellement libéral, un monde dont les problématiques se sont déplacées.
Il ne faut pas s’y tromper, le silence de certaines familles perdure. Mais il a désormais pour contrepoint une spectaculaire multiplication des sources d’information, qui ne va pas sans confusion. C’est dans l’espace de cette confusion qu’une intervention publique et plus simplement une parole adulte peuvent avoir du sens. L’enjeu n’est pas simplement d’informer. Il est de donner aux enfants et aux adolescents un espace pour déjouer les figures imposées et rejouer leur identité. De leur offrir les moyens de construire leurs propres expériences, en les vivant dans leur richesse et leur complexité, et non à l’aune des représentations tronquées qu’ils auront découvertes sur Internet ou ailleurs. Nul ne songe aujourd’hui à restaurer une société de contrôle. Mais la profusion des images peut laisser démunis des jeunes qui n’auraient pas les ressources culturelles et personnelles pour prendre du champ. C’est-à-dire, au fond, presque tous.
L’éducation à la sexualité ainsi comprise est au cœur de l’ambition d’émancipation portée par l’École. Il s’agit de permettre aux individus de se construire, de se libérer des stéréotypes et des représentations réductrices, afin de vivre pleinement leur vie de citoyens et de citoyennes d’une société démocratique.
On comprend alors que l’éducation à la sexualité s’articule étroitement à ce que l’on appelle aujourd’hui l’éducation au genre. L’enjeu n’est pas simplement d’aider les personnes à se construire ; il est de faire société.
Les figures imposées par la socialisation des filles et des garçons pèsent sur les comportements, sur les identités, sur l’intimité. Et dans ces injonctions ce sont des destins qui se verrouillent. Chaque époque réinvente spontanément des codes sociaux qui enferment les individus. Tous les individus, quel que soit leur genre. Car comment imaginer que celui qui formule les injonctions ne soit pas lui-même emprisonné dans un code ? L’urgence est alors de permettre à tous, ensemble, de défaire ces représentations.
L’apprentissage de la différence et de la ressemblance, la confrontation et le partage d’un langage commun, la reconnaissance de l’autre et l’estime de soi sont essentiels pour accéder à l’âge adulte. Ce sont aussi les conditions d’une société démocratique.
Quelques dates...
1920 - La loi interdit la contraception, assimilée à l’avortement
1942 - L’avortement devient un crime contre la sûreté de l’Etat, passible de la peine de mort. En 1943, Marie-Louise Giraud, reconnue comme avorteuse, est guillotinée.
1956 - Fondation de « La Maternité heureuse » qui deviendra, en 1960, le Mouvement français pour le planning familial (MFPF).
1967 - Loi Neuwirth : la contraception est légalisée.
1972 - Création des centres de planification et des établissements d’information.
1973 - L’éducation sexuelle est introduite dans les programmes des collèges et des lycées (circulaire Fontanet du 23 juillet).
1974 - La sécurité sociale rembourse la contraception. Les mineures peuvent se la procurer gratuitement et de façon anonyme auprès des centres de planification.
1975 - La loi Veil autorise l’interruption volontaire de grossesse.
1982 - La Sécurité sociale rembourse l’IVG.
1991 - La loi du 18 janvier autorise la publicité sur le préservatif.
1998 - Circulaire du 19 novembre « Éducation à la sexualité et prévention du sida » à l’attention des collèges.
2000 - Autorisation de la délivrance sans ordonnance des contraceptifs d’urgence. Les mineures peuvent se les procurer gratuitement dans les pharmacies. Les infirmières de collèges et lycées sont habilitées à les administrer.
2003 - La circulaire du 17 février définit les modalités de mise en œuvre de la loi du 4 juillet 2001 (relative à l'interruption volontaire de grossesse et à la contraception). Au moins deux séances annuelles consacrées à l'information et à l'éducation à la sexualité doivent être dispensées de la primaire au lycée. Lire la circulaire
2005 - Afin de lutter contre les mariages forcés, l'âge légal du mariage est fixé à 18 ans pour tous. Jusqu'alors, les jeunes filles pouvaient se marier dès 15 ans.
Quelques chiffres...
- 13 000 : c'est le nombre d'IVG chez les mineures en 2007, sur le territoire national.
- 15 ans : c'est l'âge de la majorité sexuelle fixée par la loi.
- 34 : c'est le pourcentage des 15-20 ans qui pensent que la pilule peut rendre stérile.
- Un tiers : c'est la part des 15-24 ans qui déclarent avoir déjà eu recours à la contraception d'urgence.
Outils en ligne
Genre
- "Pour une éducation non sexiste" : www.adequations.org
- Kit "Jeunes et genre" www.lucide-contre-toutes-les-discriminations.org/
Orientation sexuelle
- Kit "Jeune et homo sous le regard de l'autre" : cinq courts métrages et un livret d'accompagnement. Voir les films
Contraception
- Spots destinés aux 13-18 ans, campagne de l'INPES et du ministère de la santé et des sports, avril 2010 : "Faut-il que les garçons soient enceintes pour que la contraception nous concerne tous ?" www.inpes.sante.fr/
Pour les jeunes
Toutes les questions autour de la sexualité (INPES) : www.onsexprime.fr/
Pour aller plus loin...
- Convention pour la promotion de l'égalité des chances entre les filles et les garçons dans le système éducatif (B.O du 9 mars 2000) : Lire la convention
- Pour les professionnels de l'éducation : www.eduscol.education.fr/
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Que faire de la dette ?Depuis plus de deux ans, les Européens peinent à sortir de la crise des dettes publiques. Aujourd’hui, l’activité tourne au ralenti, les recettes des Etats chutent, leurs déficits se creusent et les difficultés à rembourser les dettes s’aggravent, malgré les mesures d’austérité. Une chose est sûre : la crise montre la fragilité des Etats européens face aux marchés financiers. Comment réduire les déficits publics ? Que faire de la dette ? |
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Une politique du logement est-elle possible ?Aujourd’hui, le mal-logement ne se réduit plus à la situation des sans-abris. Petites surfaces, insalubrité, surpopulation… 3,7 millions de personnes sont victimes de mal-logement en France. Le constat est sans appel : le marché fonctionne mal, les politiques publiques ont tendance à créer de nouveaux dysfonctionnements et l’Etat perd sa capacité de régulation du marché. Comment alors mieux coordonner les politiques de logement que 20 ans d’accumulation législative ont rendu illisibles? Faut-il tout remettre à plat ? |
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Internet : nouvel espace démocratique ?De la campagne d’Obama aux révoltes arabes, de plus en plus d’événements politiques et sociétaux se sont initiés ou développés sur la toile. Aujourd’hui, l’outil Internet interroge la légitimité des grosses structures, bouscule les modes de consultation conventionnels et tente de répondre, en partie, à une forte attente de démocratisation des citoyens. Outil de liberté pour les uns, utilisé pour mieux contrôler par d’autres…Internet est-il vraiment un nouvel espace démocratique ? |
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Nucléaire : peut-on faire autrement ?Avec la catastrophe de Fukushima au Japon, la pertinence du "tout nucléaire" a été remise au cœur des débats. L'argument de l'indépendance énergétique est aujourd'hui relativisé. Certes, le nucléaire pollue peu mais les moyens, humains et financiers, investit dans son développement ont freiné celui des énergies renouvelables. Certains pays, comme l’Allemagne, ont choisi cette option. La France est-elle prête à changer de modèle énergétique ? Quelles en seraient les conséquences économiques et sociales ? La baisse de la consommation n’est-elle pas le passage obligé d’une nouvelle stratégie énergétique ? Les citoyens sont-ils prêts à changer leur mode de vie ? |
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Comment répondre à l'angoisse scolaire ?Angoisse du redoublement, survalorisation des diplômes et des savoirs académiques... les parents n’ont jamais été aussi angoissés par la scolarité de leurs enfants. Entre des cours payants et un accompagnement scolaire qui ne parvient pas à offrir une alternative à une Ecole de plus en plus élitiste, tous les acteurs de l’éducation sont tentés par l’acharnement scolaire. Le soutien scolaire est-il une réponse à l’échec scolaire ? Comment l’accompagnement à la scolarité peut-il permettre la réussite du plus grand nombre ? Dans un pays où les destins sociaux sont largement déterminés par les destins scolaires, comment répondre aux attentes des familles sans jouer le jeu de la performance à tout prix ? |
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Quelle place pour les aînés ?Dépendance, solitude, maladie, poids économique… notre société renvoie très souvent une image négative de la vieillesse. Certes, la France vieillit mais ses vieux rajeunissent et sont le plus souvent actifs. Qui doit payer ? A quelles solidarités faisons-nous appel ? Quel regard portons-nous réellement sur les personnes âgées? Quelle place notre société fait-elle aux aînés ? |
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Comment réduire les inégalités Nord-Sud ?Après 60 ans d'aide au développement, le monde est plus inégal que jamais. Pour certains, cette aide reflète l’arrogance occidentale et ne prend pas en compte les véritables besoins du Sud ; pour d’autres, elle nécessite une mise en cohérence avec les autres politiques publiques et une meilleure régulation du commerce international. Pour d’autres encore, il s’agit de s’attaquer aux conditions même des modes de production et de redistribution des richesses souvent créateurs d’inégalités. Comment faire remplir à l’aide au développement sa vocation première de lutte contre la pauvreté ? |
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Nouveaux militants : la fin du politique ?Les identités militantes ont changé mais le militantisme n’est pas mort. Plus pragmatique, l’engagement actuel interpelle les politiques et les institutions. On ne se bat pas plus pour un idéal demain mais pour faire valoir des droits, aujourd’hui et maintenant. La recherche de résultats immédiats signifie-t-elle la fin des utopies ? Ces nouvelles formes d’engagements peuvent-elles fonder une autre approche du politique ? |
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Quel rythme de vie pour les élèves ?Parmi les marottes de l’école, les rythmes scolaires font partie des plus épineuses. La question semble insoluble au vu des intérêts extérieurs et contradictoires qui la conditionnent : tourisme et transport notamment. Alors comment sortir de la spirale du bras de fer ? Comment assurer à tous les jeunes une éducation de qualité respectueuse de leurs rythmes scolaires, sociaux et familiaux ? |
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Le sport peut-il tenir ses promesses sociales ?Le sport-spectacle et ses dérives écornent l'image d'un sport inconditionnellement vertueux. Il est vrai que la pratique sportive n'est pas exempte de lacunes, d'excès et d'injustices. Alors dans quelle mesure le sport peut-il répondre aux missions éducatives, intégratrices, citoyennes et même humanistes qu’on lui attache ? On sous-estime sans doute les avantages d’un monde professionnellement organisé, et dynamisé par des politiques publiques ; mais ce monde dispose-t’il d’une vraie capacité de peser sur le réel ? |
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Qu'attend-on de la prison ?La France semble entretenir une culture de l’incarcération. Elle se montre peu pressée de généraliser les alternatives à la prison, alors même qu’elles pourraient limiter le risque de récidive. En outre, les conditions de détention font de la patrie des droits de l’Homme l’une des plus mauvaises élèves d’Europe... Mais qu’attend-on exactement de la prison ? |
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Quels territoires pour demain ?La réforme des collectivités territoriales de 2010 fait polémique autant chez les élus que dans le monde associatif. Quels sont les enjeux de la réforme ? A quoi ressembleront les territoires de demain ? Comment l’intérêt local trouvera-t-il sa place dans le futur paysage institutionnel ? |
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Le modèle associatif est-il viable ?Les associations bénéficient d'une image positive dans l'opinion publique. Mais elles sont sous-représentées dans le champ politique et ont dû mal à se faire reconnaître dans le champ économique. Sources d’innovation sociale et de progrès collectif...les associations ne doivent pas non plus être réduites à de simples prestataires de service. Alors: comment mieux rendre compte de la richesse des associations et surtout, comment mesurer ce qui ne se mesure pas ? |
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Le débat démocratique est-il menacé ?Après les polémiques suscitées par le débat sur l’identité nationale, laligue.org se penche sur les conditions des débats en France. Comment l’opinion publique peut-elle répondre sereinement quand une question récurrente est traitée de manière alarmiste ? Sécurité, jeunesse ou Islam… avons-nous vraiment les clés pour décrypter le vrai du faux, le raisonnable de l’émotion ? Entre manipulation et populisme, comment organiser le débat démocratique du 21e siècle ? |
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Comment faire vivre la mixité à l'école ?L’assouplissement de la carte scolaire a conduit à accélérer des tendances inégalitaires depuis longtemps à l’œuvre. La réforme de la sectorisation, voulue par le gouvernement, pourrait bien mener à reconsidérer sérieusement l’ensemble du modèle scolaire français. Mais comment faire vivre la mixité scolaire ? Supprimer la carte ? Réformer les territoires ? Faire évoluer les établissements ? Nous vous proposons d'en débattre. |
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Quel avenir pour le commerce équitable ?En plein essor mais encore confidentiel à l'échelle internationale, le commerce équitable est à un véritable tournant. Quelle va être son évolution ? Le commerce équitable peut-il perdre son âme comme certains le pensent depuis qu'il est présent dans la grande distribution ? Peut-il peser sur le commerce mondial ? Retrouvez les avis des experts, des acteurs, des économistes qui font le débat. |
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L'école peut-elle réaliser l'idéal républicain?Egalité des chances, méritocratie et élitisme pourrait résumer l'idéal républicain. La réalité est pourtant plus prosaïque car force est de constater que l'école française ne réduit pas les inégalités de départ. Certes, notre élite est reconnue (quoique trop homogène) mais "les vaincus du mérite" sont nombreux et abandonnés par le système. La culture académique de notre école se prolonge dans le monde du travail où le diplôme est porté aux nues. Faut-il alors changer de système ? Notre école peut-elle concilier égalité et élitisme ? Nous vous proposons d'en débattre. |
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Quelle politique pour la jeunesse ?Jeunes au chômage, jeunes à la dérive…trop souvent, les jeunes sont stigmatisés et rangés dans la case « à problème ». Smic jeune, CPE… les politiques publiques sont peu cohérentes et souvent pensées à court terme. Faut-il voir la jeunesse comme une catégorie à part ? Education, emploi: les politiques à destination des jeunes doivent-elles toujours se réduire à ces deux champs ? Nous vous proposons d’en débattre ? |
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Quelle économie pour la culture ?Avertissement, coupures internet, amendes, prison... telle est la riposte graduée mise en place par la loi Hadopi 2 pour dissuader les internautes de télécharger illégalement. Difficilement applicable et répressive, cette loi serait-elle un écran de fumée qui masquerait les vraies questions ? Comment mettre en place un nouveau dispositif de rémunération sur la toile pour les auteurs et les interprètes ? Comment ne pas brider un droit à l’information élémentaire et une large diffusion de la culture sans porter préjudices aux artistes ? Nous vous proposons d’en débattre. |
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La justice des mineurs doit-elle changer ?Un nouveau code pénal pour les mineurs a été rédigé. Entre le besoin de nouvelles mesures et polémiques, quelle est la réalité du débat aujourd'hui ? Les mineurs sont-ils plus violents et plus nombreux? La justice, de son côté, est-elle plus répressive ? L'idéal éducatif de l'Ordonnance de 1945 est-il toujours d'actualité ? Nous vous proposons d'en débattre. |
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