Accompagner les associations en formant leurs bénévoles

fdb79Dans les Deux-Sèvres, depuis plus de dix ans, des associations – dont la Ligue de l’enseignement 79 – et des collectivités conjuguent leurs forces pour former les bénévoles de leur département. Réunies au sein d’un collectif, elles ont ainsi rationalisé et mis en commun leurs ressources, leurs connaissances et leurs réseaux pour proposer un seul et unique dispositif.

Si le nom du collectif – Formation des bénévoles 79 – manque un brin d’originalité, il a néanmoins le mérite d’être clair. Créé en 2003 par la Ligue de l’enseignement des Deux-Sèvres, le Comité départemental olympique et sportif (CDOS), Niort Associations (1) et la fédération départementale des Foyers ruraux, et soutenu par les services Jeunesse et Sport de l’État, le collectif poursuit un seul objectif : accompagner la montée en compétences des bénévoles associatifs du territoire. « On s’est rendu compte que nous tous, réseaux associatifs, quel que soit notre ancrage territorial, nous nous adressions aux mêmes acteurs, et leur proposions les mêmes formations », expose Sarah Klingler, chargée de la vie fédérative à la Ligue 79. Mutualiser leur temps, leurs outils, leur communication et leurs moyens financiers au sein d’un unique dispositif s’est alors imposé comme une évidence, amenant également chacun à s’interroger sur sa propre politique de formation… L’idée est donc de jouer sur la complémentarité géographique et technique : « Notre département étant très allongé du nord au sud, c’est généralement l’association la plus proche du lieu de la demande qui est mobilisée, ou celle disposant du savoir-faire requis. Les Foyers ruraux, par exemple, sont plus à même de traiter des sujets comme la comptabilité/gestion quand le CDOS est plus pointu sur tout ce qui relève du mécénat et du sponsoring. »

objectif : couvrir l’ensemble du territoire

Répondre aux besoins des associations est une chose ; pouvoir les identifier en est une autre… D’où l’intérêt pour le collectif de se développer sur le territoire. Depuis sa création, d’autres organismes et collectivités sont venus grossir ses rangs com­me la fédération des Familles rurales 79, le pays du Haut-Val-de-Sèvre, et plus récemment l’Oscam (Office des sports du canton de Melle), en février dernier (2). Des effectifs supplémentaires qui permettent de renforcer le maillage territorial. Sans compter l’apport des collectivités qui connaissent bien le tissu associatif et jouent ainsi un rôle important de relais de l’information. Par ailleurs, aucune charte d’engagement ne lie les membres du collectif, seule compte la volonté de s’engager pour structurer la vie associative locale ainsi que le développement d’une culture du collectif. « Tout d’abord, nous apprenons beaucoup les uns des autres. Ensuite, le fait d’accompagner les associations par groupe leur permet de se rencontrer. Car, bien souvent, elles ne se con­naissent pas alors qu’elles peuvent être confrontées aux mêmes problématiques », explique Catherine Suire de l’Oscam.

Des formations collectives et gratuites

Formation des bénévoles 79, c’est avant tout des stages collectifs gratuits, ouverts à tous. Certains bénéficient du soutien financier de l’État. D’autres, en l’absence d’un financement structurel du dispositif, peuvent compter sur la mobilisation des membres du collectif eux-mêmes (animation des formations, mise à disposition de leurs locaux, suivi administratif…). Des formations « à la carte » sont également possibles pour répondre au mieux aux demandes. Dans ces cas-là, « un module de base est prévu et l’on adapte ensuite les contenus en fonction de l’association », précise Sarah.

Entre trente et cinquante thè­mes différents de formation sont ainsi proposés chaque année, sur la fonction employeur (projet associatif, embauche de salariés…), les financements de l’association (subventions, mécénat, cotisations…), son animation, ses responsabilités juridiques, ou encore l’organisation d’événements… Sur cette thématique précisément, Sarah se remémore cette formation auprès de dix jeunes du lycée de Saint-Maixent-l’École (Haut-Val-de-Sèvre) en novembre dernier, qui souhaitaient organiser un festival. « Avec un intervenant de l’agence de conseil au développement culturel Premier’Acte, nous avons alors proposé une formation sur l’organisation d’un événement et les responsabilités juridiques que cela engendre. »

En outre, au cours des dernières années, le collectif a formé environ 200 stagiaires par an, quand au tout début, il en accueillait le double. Rien de surprenant puisque, à l’époque, l’offre de formation était quasi inexistante, et que les bénévoles formés depuis sont toujours en place. Cependant, les derniers arrivés au sein du collectif devraient drainer de nouvelles demandes. Et, de plus, l’offre de formations a été renouvelée.

S’adapter aux réalités locales

Au sujet des contenus, pour Michaël Gouleau de Familles rurales, il s’agit pour le collectif d’adopter une vision réaliste du bénévolat. « Être bénévole, ce n’est pas forcément être militant. Les personnes formées sont d’abord “au service de” et à un niveau local uniquement. On est donc sur du pratico-pratique. » Encore faut-il rendre tout cela motivant. « La formation ne doit pas être trop scolaire ou trop proche d’une formation professionnelle. On essaie donc d’être attractif en proposant par exemple une session intitulée “Comment ne pas s’ennuyer à l’AG ?”, ce qui nous permet de questionner les statuts de l’association. Ou bien, on part d’un objectif précis comme les demandes de subventions pour traiter le thème de la comptabilité… » D’une formation pratique, le collectif parvient ainsi à pousser la réflexion de l’association sur d’autres sujets, plus politiques ceux-là, comme son projet, la façon d’accueillir de nouveaux bénévoles, la place des jeunes, la mobilisation des forces vives internes… Par ailleurs, les pratiques des bénévoles ont évolué depuis ces dix dernières années. Ils se sont équipés, utilisent les outils numériques… « Certains n’hésitent pas à nous solliciter une fois la formation terminée. Dans certains cas, on est dans l’instantané, explique Sarah : un appel téléphonique, une question, une réponse. Et souvent, c’est parce que le bénévole n’a pas trouvé de réponse sur Internet… » Une évolution des besoins que le collectif doit savoir prendre en compte, pour toujours coller aux réalités du terrain.

Mélanie Gallard

1. Ex-Comité niortais pour la promotion de la vie associative (CNPVA).
2. Les autres membres : la commune de Bressuire, la communauté de communes du Thouarsais, et la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP).

www.formationdesbenevoles79.fr

Le même type de collectif existe aussi en Champagne-Ardenne, dont la Ligue de l’enseignement régionale fait partie. Contact : Marie Galland : 03 26 07 96 43